Voix du peuple Conférence de presse concernant les Nouveaux cantons en Indre et Loire

le jeudi 19 septembre à 11h30 au siège de la fédération, 35 rue Bretonneau à Tours À l’initiative de la fédération du parti communiste d’Indre-et-Loire, de l’association des élus communistes et républicains d’Indre et Loire, en présence de Martine Belnoue vice-présidente du conseil général M. le Préfet a transmis dernièrement à la presse ses propositions pour la réorganisation des cantons d’Indre-et-Loire. Ce projet sera proposé à l’avis des conseillers généraux le vendredi 20 septembre en session publique. Cette proposition permettra-t-elle de mieux répondre aux besoins des tourangeaux ? Sera-t-elle un point d’appui pour un aménagement harmonieux des territoires et pour mieux faire vivre la démocratie?

Intervention de Martine Belnoue

Le gouvernement a rejeté l’instauration du conseiller territorial que voulait le gouvernement précédent et nous approuvons ce rejet. Mais il a aussi fait adopter un projet de loi visant à instaurer l’élection d’un binôme de candidats de sexe différent dans des cantons dont le périmètre serait doublé et le nombre divisé par deux. (19 cantons au lieu de 37 soit 38 conseillers départementaux en Indre et Loire). Nous pensons que la parité ne doit pas être un prétexte.

Nous avions proposé le passage à un scrutin à la proportionnelle pour respecter le pluralisme politique et rendre plus lisible la responsabilité départementale des conseillers élus. Les cantonales sont maintenant le seul scrutin sans proportionnelle, ce qui aboutit à élire des assemblées bipolaires non conforme à la diversité politique de notre pays. Il y a besoin d’une réforme en profondeur de nos institutions, d’une VIème République où la participation citoyenne serait largement déployée.

La redéfinition des nouveaux cantons se fait essentiellement sur des bases démographiques. La notion de proximité doit continuer à garder tout son sens. Il serait néfaste de n’avoir pour seul repère que la calculette. Les futurs cantons doivent pouvoir afficher un projet d’aménagement territorial crédible. Ils doivent être porteurs de la notion de maintien des services publics permettant un bon maillage du département (sous-préfectures – établissements scolaires – services postaux…)

Une véritable consultationaurait dû être organisée, à l’échelle départementale, et associer l’ensemble des élus locaux et des habitants.Supprimer la moitié des cantons n’est pas une opération anodine pour la démocratie. Cela nécessiterait une consultation approfondie et de bien prendre en compte les besoins des populations. Il faut laisser place à une véritable discussion sur les enjeux, les besoins et les moyens nécessaires. Cela appelle une autre répartition des richesses dans notre pays, notamment par une réforme de la fiscalité, nationale et locale, qui n’hésite pas à taxer le capital financier et à s’attaquer à l’évasion fiscale sous toutes ses formes.

Les propositions faites vont dans le sens de 3 niveaux importants d’organisation : l’Europe, les régions, l’intercommunalité. Elles affirment le pôle métropolitain, entouré de territoires ruraux immenses. Ce projet dit s’appuyer sur l’intercommunalité mais pourquoi ce critère n’est-il pas respecté partout ? Est-ce qu’on préfigure de nouveaux périmètres intercommunaux ? Cela pose plusieurs questions : Est-ce que ces propositions améliorent la démocratie ? Alors qu’on change profondément le territoire, il n’y a pas de consultation des habitants. Les élus seront plus éloignés car dans des territoires plus vastes.Le découpage va favoriser le bipartisme. Cela réduit l’espace politique. La proportionnelle permettrait d’assurer l’expression des diversités des idées politiques.

Est-ce qu’elles portent une vision d’aménagement du territoire ? En renforçant le pôle métropolitain, on risque de laisser de côté les franges départementales, les découpages ne respectent pas les bassins de vie des habitants, leurs lieux de vie pour l’emploi, les loisirs, la formation. Les charcutages ne peuvent remplacer la démocratie. Quid d’une consultation des habitants et des élus (pourquoi juste un avis consultatif des conseillers généraux ?) Nous ne pouvons parler découpage des cantons sans poser la question : Quel sera l’avenir des départements ? Ce doit être un lieu de débat politique, un lieu où s’organisent les réponses aux besoins des habitants.

Nous nous adressons aux élus et aux habitants d’Indre et Loire et les invitons à manifester leur refus de cette réforme. Toute modification des structures d’un territoire doit être soumise à référendum. Pas de réforme de la démocratie sans démocratie !