Intervention de Martine Belnoue au conseil d’administration de Val Touraine Habitat le 15 Octobre 2012

On discute aujourd’hui d’un budget qui dépend de façon importante d’un contexte bien plus large, qui va au-delà du seul contexte VTH. Un débat de technique financière ne peut suffire car on doit avoir en tête la question cruciale : Qu’est ce qui se vit aujourd’hui pour les familles. ? Philippe Lebreton vient d’évoquer la question de la crise qui pèse fortement sur la vie des familles. Pendant ces dernières années, on a assisté au désengagement de l’Etat, au démantèlement du logement social et à sa marchandisation.

Le logement n’était plus reconnu comme un droit fondamental. Peu importe la souffrance des millions de mal logés, les difficultés financières des organismes HLM l’intervention publique a été abandonnée au profit de l’intervention des marchés, aggravant la crise du logement, le nombre des mal-logés et des sans-logis.

Je citerai un seul chiffre : la dépense moyenne engagée par les ménages pour se loger a augmenté de 23% entre 2002 et 2007. Ce ne fut pas le cas des revenus !

. Il y a donc urgence! Mais sans intervention publique massive la situation ne pourra s’améliorer.

DES MESURES QUI AVANCENT

Les premiers actes du gouvernement de gauche en matière de logement marquent une différence appréciable d’avec les précédents gouvernements de droite avec l’annonce

-de la construction de 500 000 logements par an dont 150 000 logements sociaux,

-du blocage des loyers à la relocation,

-De la mise à disposition des communes de 930 parcelles de foncier appartenant à l’Etat,

-Du renforcement de la loi SRU .Seules 32 communes en 10 ans ont atteint le taux des 20% de logements sur 931 communes concernées par la loi.

-D’un vaste plan de réhabilitation thermique des immeubles anciens.

MAIS ces mesures sont INSUFFISANTES

Il y a beaucoup d’attentes de la part de millions de locataires moyens et modestes, et des demandeurs de logements,

Des décisions, des réformes, des ruptures plus nettes doivent être prises rapidement et marquer un réel changement

-pour toutes celles et ceux qui subissent la crise du logement,

- pour les organismes sociaux qui croulent sous le poids des frais financiers,

-pour les collectivités locales solidaires qui doivent être soutenues dans leur effort de construction de logements accessibles à tous.. Je rappelle que le Conseil Général 37 et Tours plus ont largement augmenté leur participation pour la construction des logements sociaux, bien au-delà de la participation de l’Etat.

Des mesures urgentes sont nécessaires :

En voici quelques unes :

-- Abroger la loi MOLLE dites « loi Boutin », la loi Barre et les suivantes qui ont organisé le désengagement de l’Etat de l’effort d’investissement public pour la construction publique. L’engagement du Président Hollande de doubler le Livret A doit être tenu, « l’aide à la pierre » doit être portée à 800 millions d’euros, indispensable donc pour baisser le coût à la construction dont vous parliez à l’instant.

-Casser la logique du logement cher, en redonnant du pouvoir d’achat aux locataires. Bloquer les loyers dans le privé et dans le public

-baisser les charges locatives (eau, gaz, électricité) par la construction d’un service public de l’énergie permettant de maîtriser les coûts pour les usagers. J’apprécie très positivement tous les travaux qui visent à réduire les charges d’énergie payées par les locataires.

Un dernier point se doit d’être examiné, celui du TRAITE EUROPEEN qui impose L’AUSTERITE BUDGETAIRE au pays, aux collectivités et par voie de conséquences aux organismes du logement