Il n’est pas une journée, pas un moment où les conversations n’évoquent la crise, les craintes pour aujourd’hui et demain. Dans les magasins, dans la rue, dans les transports collectifs, à chacune des rencontres que je fais, j’entends les inquiétudes pas seulement sur l’avenir, mais sur le présent, sur le maintenant !

Une évidence pour beaucoup aujourd’hui : « ils ont dit qu’il n’y avait plus d’argent et qu’il fallait se serrer la ceinture et ils en ont trouvé pour les banques », « il faut nous priver, nous culpabiliser et ils continuent de programmer des cadeaux aux grands patrons en proposant de supprimer la taxe professionnelle, une ressource pourtant essentielle pour nos services publics ».

L’exemple de Total est éloquent avec ses 14 milliards de bénéfices alors que ses filiales Paulstra et Hutchinson, ferment des usines, mettent des salariés au chômage. Ne pourrait-on pas utiliser cet argent pour augmenter les salaires, créer des emplois et relancer ainsi la consommation ?

Dans le même temps, le gouvernement met en cause les services publics avec des milliers de suppressions d’emplois de fonctionnaires et en exerçant une forte pression sur les collectivités locales pour qu’elles réduisent leur nombre de personnels et leur coùt de fonctionnement.

Une évidence encore dans la tête de beaucoup : c’est l’argent qui commande tout, peu leur importe l’être humain !

Mais on ne peut en rester au constat car ce serait démobilisateur, démoralisateur ! Il nous faut ouvrir des perspectives, chercher ensemble des solutions, les construire, les rendre crédibles, les faire vivre.

Redonner du pouvoir d’achat, augmenter les salaires, est aujourd’hui une proposition crédible dont certains salariés, ou habitants s’emparent. Ils organisent des luttes qui leur permettent d’avancer.

Imaginer une autre école, la décrire, la rendre visible, c’est possible ! Ainsi le proposent les 250 personnes réunies le week-end dernier à Valenton, pour les 1ers Etats généraux de défense de l’école.

Oui, certains se prennent à rêver avec nous, rêver d’un monde où l’’Homme, la Merveille selon Albert Jacquard, soit enfin le centre des préoccupations.

Ce monde n’est pas inaccessible. Nous pouvons le construire en avançant ensemble, nombreux, pour changer les choses.

Pour cela, l’argent existe ! Il est dans la spéculation financière, il se joue à la Bourse. En un CLIC de souris, certains le font apparaître et disparaître. Il est possible de l’utiliser pour le logement, la santé, la formation, l’emploi, pour tout ce qui contribue à faire de l’homme un être libre, pour « des services publics points d’appui pour construire un autre modèle social et défendre les valeurs humanistes ».

Il nous faut résister et avancer!




Martine Belnoue