Ce jeudi 31 janvier 2014, l’assemblée départementale a consacré une grande partie de sa session à l’activité économique en Indre et Loire. En présence de plusieurs élus régionaux, et de « partenaires de l’économie en Touraine » , après une image de la réalité économique en Indre et Loire ,ont été rappelées les interventions du CG37 et de la Région Centre dans les domaines de L’aménagement et l’attractivité du territoire, de l’investissement, du partenariat et du soutien qui passent notamment par des aides aux entreprises.

Une délibération soumise au vote proposait la mise en place d’un outil qui donne de la cohérence aux différents acteurs de la vie économique.

Différents intervenants de la majorité comme de l’opposition ont affirmé la nécessité d’un travail partenarial pour aider à une autre dynamique économique. Martiner Belnoue a été la seule à faire entendre une note différente rappelant au préalable que les fermetures d’entreprises et les suppressions d’emplois que certains semblaient découvrir ne datent pas d’aujourd’hui. Elle s’est offusquée de l’absence du mot « salarié » dans les différents propos, rappelant ce qu’est au quotidien la dure réalité du chômage.

« …L’une des questions essentielles à se poser c’est « A quoi servent les aides aux entreprises ? Quel est l’impact réel sur l’emploi ? » La cour des comptes a souligné le peu d’impact des aides aux entreprises sur la création d’emplois. Sur le terrain, les aides reçues par ST Micro Electronics n’ont pas empêché la fermeture du site de Rennes. A Tours, chaque année les salariés vivent du chômage partiel! La baisse des charges des entreprises ne sera pas créatrice d’emplois. D’autant plus que dans le même temps les collectivités voient leurs capacités d’investissement diminuer et que les hausses de la TVA vont impacter les capacités des habitants pour réaliser des travaux. »

Martine Belnoue s’est interrogée «Au lieu d’alimenter grassement ses actionnaires, et de produire avec des machines achetées grâce à l’argent des collectivités, l’entreprise ne devrait-elle pas d’abord penser à investir dans le matériel, dans l’emploi, dans la formation continue de ses salariés, car les métiers évoluent en même temps que l’évolution des techniques…. Que deviennent les produits créés par des inventeurs français ? La propriété des brevets et la fabrication du matériel partent à l’étranger….Quelle analyse a-t-on fait de l’impact des aides sur les petites et moyennes entreprises autour des pôles de compétitivité ? »

Les questions fondamentales sont celles des stratégies industrielles des groupes. Si l’entreprise créée les emplois, elle en supprime aussi un grand nombre. Le partage des richesses créées va de moins en moins vers ceux qui les produisent ; il est de plus en plus orienté vers les actionnaires. A quoi sert l’argent public quand il est ainsi attribué ?

Dans notre département, il existe des compétences locales, de l’innovation et de la production, autour de l’énergie, de la pharmaceutique, du ferroviaire… Il faut conforter ces compétences, en développer de nouvelles. Tout cela ne peut se faire efficacement sans poser la question du contrôle de l’utilisation de l’argent public, associant les salariés qui ont une connaissance très précise de leur entreprise. Comme l’a regretté Martine, l’omission marquante de cette session, c’était celle des salariés.

INTERVENTION MB EN ANNEXE