michelin-illustr_640x280.JPG Des représentants de la direction Michelin et un représentant syndical étaient présents à cette réunion et se sont exprimés.

« Je vais m’exprimer ce matin en tant qu’élue communiste.

Certains découvrent aujourd’hui ce qu’est le drame des licenciements. Mieux vaut tard que jamais ! Mais ne soyons pas dupes de cette soudaine attention.

Cela vient d’être dit, l’annonce de 730 suppressions d’emplois est un véritable choc pour le département. C’est à la fois un drame humain pour de nombreuses familles, un drame économique et social pour la commune de Joué-les-Tours, pour l’agglomération et le département. En témoignent les difficultés de développement des territoires qui n’ont pas voulu recevoir cette entreprise au moment de son installation.

C’est beaucoup d’incompréhension et de colère, face à la violence de la méthode.

Nous pouvons avoir des interrogations fortes sur les raisons qui ont conduit à ces décisions. Une raison est invoquée : la baisse des ventes de pneus des poids lourds. Si j’en crois mes lectures, 2009 fut aussi une année de baisse des ventes du groupe, encore plus forte qu’aujourd’hui. Pourtant Michelin a alors maintenu les dividendes aux actionnaires.

Il est évident qu’il s’agit ici d’une stratégie qui vise à satisfaire toujours plus les intérêts des actionnaires. Michelin n’a-t-il pas une activité toujours en expansion, une santé financière resplendissante ?

On annonce 2,4 milliards d’€ de bénéfices en 2012 soit une hausse de 25% par rapport à 2011. La richesse accumulée par l’entreprise s’est faite essentiellement sur le dos de l’ensemble des travailleurs. Les dividendes ont augmenté de 250% depuis 2008. L’intérêt des actionnaires prime avant celui des centaines de familles. C’est inadmissible. Cela devrait être déclaré illégal. C’est l’objectif qu’avait la proposition de loi portée par les élus du Front de gauche. Le représentant des salariés vient de le confirmer : 6 milliards d’€ investis dans les pays émergents pour les 3 prochaines années, seulement 800 millions d’€ pour la France sur 6 ans. C’est bien la politique du groupe Michelin qu’il faut mettre en cause. On vient d’entendre l’appel qui nous est fait de soutenir les salariés.

Nous, élus, pouvons aujourd’hui apporter notre soutien aux salariés en lutte : il nous faut peser pour que les choix de Michelin favorisent l’industrialisation de notre pays, de notre département. Il nous faut peser pour changer certains textes au niveau national, textes qui ne vont pas dans le sens d’un réel soutien aux salariés. Je pense à le loi sur la sécurisation de l’emploi, dans laquelle la mobilité est inscrite comme variable d’ajustement. Je pense à la proposition de loi contre les licenciements boursiers, dont je viens de parler.

Michelin a reçu des aides publiques lors de ses précédentes restructurations. Un audit est nécessaire pour faire le clair sur ces aides. Vous savez que dans cette assemblée, je suis régulièrement intervenue pour un contrôle efficace de l’utilisation des fonds publics. S’y ajoutent pour Michelin les 42 millions d’€ au titre du crédit d’impôt compétitivité pour 2013 et 2014.

Autre question : l’entreprise a-t-elle l’intention de se tourner vers l’innovation ? Comment pense-t-elle que ses salariés pourront retrouver du travail ailleurs alors que la formation qu’ils peuvent avoir reçue est une formation maison.

On a pu apprécier les graphiques descendants concernant les ventes de pneus. Cela ne me convainc pas du bien-fondé des décisions prises. Quid de l’argent aux actionnaires ? N’aurait-on pas un graphique ascendant si une diapositive nous en faisait le point ?

L’entreprise est « une grande famille » dites-vous ? Dans ce cas c’est une famille où le portefeuille n’est pas partagé !

Les salariés nous trouveront, mes amis politiques et moi, à leurs côtés dans la lutte ».

Martine Belnoue

PS Aucune réponse n’a été apportée à mes questions ni par les représentants de la direction Michelin ni par la représentante du gouvernement.